[Mood] Compliments pour moi-même
- Yoan Schumacher

- 14 nov. 2020
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 26 nov. 2020
Je suis une bonne personne, excellente même ! La preuve, on a rarement eu à se plaindre de moi. La plupart des mots qui me sont destinés sont doux, bons, attentionnés… Il est vrai que ce ne sont pas toujours ceux-là que j’écoute en priorité, alors aujourd’hui, je leur fait place nette dans le champ de mon attention.
Venez à moi, compliments et louanges enfouies !
J’ai souvenir qu’on ait un jour écrit sur moi que j’étais « aimant ». Magnétique ou amoureux ? Et si c’était les deux !
Je me sais différent et ô combien original, un énergumène haut en couleur comme on en croise peu dans les annales.
Il est vrai que du haut de mes quelques années, j’ai pris plaisir à donner, à aimer, à penser et à panser.
Parfois sur de courtes périodes, comme des éclats d’envie, parfois durant de longs mois, auprès de certains de mes amis.
Je n’ai pas peur de donner, ni de manquer, même gratuitement ça m’est égal. Où on m’appelle je me présente avec mon coeur rempli d’étoiles. Tombées du ciel lors de mes nuits de solitude, j’ai pris l’habitude de les cueillir avant que la rosée de les importune et les refroidisse. Je n’ai rien contre la rosée, c’est juste qu’une fois mouillée l’étoile glisse, pour l’attraper c’est compliqué.
Bien au chaud sous l’épiderme de ma poitrine, je les conserve en attendant la prochaine nuit sans lune, celle qui fait trembler car bien trop sombre pour être traversée. Je pars en quête des âmes esseulées, de ces êtres en errance à la tête basse, amis déchus qui, par peur de voir s’y refléter le vide de leur existence, n’osent plus regarder le ciel.
Je suis héros trop discret pour qu’on le nomme, qu’on le décore, qu'on le médaille. Un petit bonhomme dont les failles sont aussi grandes que son trésor. C’est bien normal, car sans aucun trou dans son coeur, dans sa tête et dans son corps, ces étoiles, ces météores, où voudrait-on qu’ils aillent ?
Imparfait, si joliment imparfait que les mots me manquent pour parler de moi, une énigme, un musée sans étiquettes.
Où contempler l’immensité de mes inachevées conquêtes.
Et dans ma tête, je fais la fête !
Youhouuuu



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